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Pompe à chaleur et re2020 : le duo gagnant de la construction neuve

Publié le 04/02/2026 | Temps de lecture : 8 min
Pompe à chaleur et re2020 : le duo gagnant de la construction neuve

Une pompe à chaleur air/eau installée en extérieur d'une maison neuve conforme à la re2020

En bref

La pompe à chaleur (PAC) équipe désormais 98 % des maisons individuelles neuves conformes à la re2020. Grâce à un rendement exceptionnel (1 kWh d'électricité produit 3 à 5 kWh de chaleur), elle permet de respecter les exigences réglementaires tout en réduisant significativement les factures de chauffage. Ce guide vous aide à comprendre les différents types de PAC et à faire le bon choix pour votre projet.

Par Antoine Maréchal · Mis à jour le 04/02/2026

Introduction : la PAC, star incontestée de la re2020

Si la re2020 était un concours de popularité, la pompe à chaleur ramasserait tous les prix. Selon les données de l'Observatoire de la re2020, cette technologie équipe la quasi-totalité des maisons individuelles neuves depuis 2022. Ce n'est pas un hasard : la réglementation environnementale a sonné le glas des énergies fossiles et propulsé les solutions thermodynamiques sur le devant de la scène.

Mais pourquoi un tel engouement ? Comment fonctionne réellement une PAC ? Et surtout, laquelle choisir pour votre projet de construction ? Dans cet article, nous allons décortiquer ensemble le fonctionnement de cette technologie, comparer les différents types disponibles sur le marché, et vous donner toutes les clés pour faire le bon choix. Spoiler : non, il n'existe pas de PAC "magique" qui convient à tout le monde.

Sommaire

Pourquoi la PAC s'impose en re2020

La re2020 a fixé un objectif clair : décarboner le secteur du bâtiment, responsable d'environ un tiers des émissions nationales de CO₂ selon le Cerema. Pour y parvenir, la réglementation impose un seuil maximal d'émissions carbone de 4 kg CO₂/m²/an pour le chauffage. Autant dire que les chaudières au gaz ou au fioul peuvent aller ranger leurs tuyaux.

La PAC, elle, coche toutes les cases. Elle puise environ 70 % de son énergie dans l'environnement (air, eau ou sol) et n'utilise que 30 % d'électricité pour fonctionner. Résultat : un impact carbone minimal et des performances énergétiques qui font pâlir d'envie les anciennes générations de chauffage. D'après les données du CSTB, l'Observatoire de la performance énergétique a analysé plus de 449 000 permis de construire depuis 2022, confirmant la domination sans partage de la PAC en maison individuelle.

Schéma de fonctionnement d'une pompe à chaleur air/eau

Principe de fonctionnement d'une PAC : les calories sont captées dans l'air extérieur et restituées au circuit de chauffage

L'indicateur Cep,nr : le juge de paix

En re2020, l'indicateur Cep,nr (consommation d'énergie primaire non renouvelable) est particulièrement scruté. La PAC, en utilisant majoritairement une énergie gratuite et renouvelable, permet d'obtenir des valeurs de Cep,nr très favorables. Pour une maison individuelle de 120 m², une PAC air/eau bien dimensionnée peut atteindre un Cep,nr d'environ 54 kWh/m².an, largement sous le seuil maximal de 85 kWh/m².an. Pour en savoir plus sur ces indicateurs, consultez notre page sur le Cep en re2020.

Les différents types de pompes à chaleur

Toutes les PAC ne se valent pas, et le choix dépend fortement de votre configuration. Voici un tour d'horizon des principales technologies disponibles sur le marché.

La PAC air/eau : la championne des maisons neuves

C'est de loin la plus répandue en construction neuve. Elle capte les calories de l'air extérieur pour chauffer l'eau de votre circuit de chauffage (plancher chauffant ou radiateurs). Selon l'Observatoire re2020, la combinaison "PAC air/eau + appoint électrique" représente la solution de chauffage la plus utilisée, équipant près de 28 000 systèmes référencés.

Avantages : installation relativement simple, compatibilité avec les planchers chauffants, possibilité de produire l'eau chaude sanitaire (ECS). Inconvénient : le rendement diminue quand la température extérieure chute fortement (mais rassurez-vous, en dessous de -15°C, vous avez d'autres soucis).

La PAC air/air : la polyvalente réversible

Elle capte également les calories de l'air mais les restitue directement via des unités intérieures (ventilo-convecteurs). Son atout majeur : la réversibilité. En été, elle peut rafraîchir votre intérieur, un argument de poids face aux épisodes caniculaires de plus en plus fréquents. D'après les statistiques de l'Observatoire, plus de 19 000 maisons sont équipées d'une PAC air/air associée à un appoint effet joule.

Attention toutefois : la PAC air/air seule ne produit pas d'eau chaude sanitaire. Il faudra la coupler avec un chauffe-eau thermodynamique pour une solution complète.

La PAC géothermique : le haut de gamme

Elle puise les calories dans le sol via des capteurs horizontaux ou verticaux. Son avantage ? Une température de source quasi constante toute l'année, ce qui garantit un rendement stable et élevé (COP de 5 à 7). Mais cette performance a un prix : le coût d'installation est nettement supérieur, notamment pour les sondes verticales qui nécessitent des forages. À réserver aux budgets confortables ou aux terrains avec nappe phréatique accessible.

Comparatif des différents types de pompes à chaleur

Comparatif visuel des trois principaux types de PAC : air/eau, air/air et géothermique

Comprendre le rendement : COP, SCOP et ETAS

Quand on parle de performance d'une PAC, les acronymes fusent. Pas de panique, voici un décryptage accessible même pour les non-initiés (promis, pas de formules à trois inconnues).

Le COP : une photo à l'instant T

Le Coefficient de Performance (COP) mesure le rapport entre l'énergie produite et l'énergie consommée dans des conditions de laboratoire précises (généralement +7°C extérieur et 35°C en sortie d'eau). Un COP de 4 signifie que pour 1 kWh d'électricité consommé, la PAC produit 4 kWh de chaleur. Selon les données techniques des fabricants, les PAC aérothermiques affichent généralement un COP entre 3 et 5, tandis que les géothermiques peuvent atteindre 5 à 7.

Le SCOP : le film de toute la saison

Le Coefficient de Performance Saisonnier (SCOP) est plus réaliste. Il prend en compte les variations de température tout au long de la saison de chauffe, calculé selon la norme européenne EN 14825 avec quatre températures de référence : -7°C, +2°C, +7°C et +12°C. Un SCOP de 4,5 est considéré comme excellent. C'est cet indicateur que vous devez privilégier lors de votre choix, car il reflète la performance réelle de votre équipement.

Pour une PAC classée A+++, le SCOP doit être supérieur à 5,1. Une PAC classée A affiche un SCOP entre 3,4 et 4. Notre conseil : visez au minimum un SCOP de 4 pour optimiser vos économies d'énergie.

L'ETAS : le point de vue européen

L'Efficacité Énergétique Saisonnière (ETAS) est exprimée en pourcentage et prend en compte l'énergie primaire. Un ETAS de 150 % signifie que la PAC produit 1,5 kWh de chaleur pour 1 kWh d'énergie primaire consommée. Cette valeur est obligatoire sur l'étiquette énergie depuis la directive européenne sur l'écoconception.

Pour les maisons neuves en re2020, l'étude thermique réalisée par votre bureau d'études thermiques intégrera les performances réelles de votre PAC dans le calcul des indicateurs réglementaires (Cep, Cep,nr, Ic énergie).

Comment bien choisir sa PAC

Le choix d'une pompe à chaleur ne se fait pas à la légère. Plusieurs critères doivent être pris en compte pour éviter les mauvaises surprises.

Le dimensionnement : ni trop, ni trop peu

Une PAC sous-dimensionnée peinerait à chauffer votre maison par grand froid, tandis qu'une PAC surdimensionnée multiplierait les cycles marche/arrêt, usant prématurément le compresseur et dégradant le rendement. Le dimensionnement doit être réalisé par un professionnel qualifié RGE QualiPAC, en tenant compte de la surface habitable, du niveau d'isolation (qui sera excellent en re2020), de la zone climatique et de vos besoins en eau chaude sanitaire.

Pour une maison re2020 de 100 à 150 m², une PAC de 4 à 8 kW suffit généralement. C'est bien moins que pour une rénovation, grâce aux exigences d'isolation de la réglementation. Pour plus de détails sur les exigences d'isolation, consultez notre guide sur l'isolation en re2020.

L'association avec les émetteurs de chaleur

Le rendement de votre PAC dépend aussi de vos émetteurs. Un plancher chauffant basse température (35°C) permet d'obtenir des SCOP de 4,5 ou plus, tandis que des radiateurs haute température (55-65°C) feront chuter ce SCOP à 3,5 environ. En construction neuve, le plancher chauffant est fortement recommandé pour optimiser les performances de votre installation.

Installation d'une PAC avec plancher chauffant

Le plancher chauffant basse température est l'émetteur idéal pour maximiser le rendement de votre PAC

La zone climatique : un facteur déterminant

En zone H1 (nord et est de la France), les températures hivernales plus rigoureuses sollicitent davantage la PAC. Une PAC air/eau avec un bon comportement par temps froid (vérifiez le COP à -7°C) sera préférable. En zone H3 (climat méditerranéen), une PAC réversible air/air peut être un excellent choix pour gérer à la fois le chauffage hivernal et le rafraîchissement estival. Retrouvez les spécificités de votre zone sur notre page dédiée au Bbio en re2020.

Coût et retour sur investissement

Parlons argent, puisque c'est souvent le nerf de la guerre. Une PAC air/eau de qualité coûte entre 10 000 et 15 000 € pose comprise pour une maison individuelle. C'est certes plus cher qu'une chaudière gaz (qui de toute façon n'est plus autorisée en neuf), mais les économies à l'usage compensent largement cet investissement initial.

Des économies substantielles sur la durée

Avec un SCOP de 4, votre PAC consomme 1 kWh d'électricité pour produire 4 kWh de chaleur. Comparé à un chauffage électrique direct (convecteurs), vous divisez votre facture de chauffage par 3 ou 4. Pour une maison re2020 de 120 m², la facture annuelle de chauffage tourne autour de 400 à 600 €, contre 1 500 à 2 000 € avec des convecteurs électriques. Le retour sur investissement se situe généralement entre 6 et 10 ans.

Les aides financières disponibles

Même en construction neuve, certaines aides peuvent alléger la facture. MaPrimeRénov' propose des forfaits de 3 000 à 5 000 € pour l'installation d'une PAC, sous conditions de ressources. L'éco-PTZ peut financer jusqu'à 50 000 € de travaux à taux zéro. Renseignez-vous également sur les aides locales proposées par votre région ou département via le site France Rénov'.

Exemples concrets de configurations

Cas 1 : Maison de 110 m² en zone H2 (climat tempéré)

La famille Martin construit une maison à ossature bois en région lyonnaise. Ils optent pour une PAC air/eau de 6 kW couplée à un plancher chauffant et un ballon thermodynamique pour l'ECS. Résultats de l'étude thermique re2020 : Bbio de 42 points, Cep,nr de 58 kWh/m².an, Ic énergie de 145 kg CO₂/m². Le projet est conforme avec une marge confortable.

Cas 2 : Maison de 140 m² en zone H3 (méditerranée)

Le couple Durand fait construire en Provence. Ils choisissent une PAC air/air réversible pour gérer le confort d'été (indicateur DH), complétée par un chauffe-eau thermodynamique. La conception bioclimatique (grandes baies vitrées au sud, casquette solaire) et l'inertie du plancher béton permettent d'obtenir un DH de 280 degrés-heures, bien en dessous du seuil critique de 1 250. Pour plus d'informations sur le confort d'été, consultez notre article sur l'indicateur DH en re2020.

Maison neuve RE2020 équipée d'une pompe à chaleur

Une maison individuelle neuve équipée d'une PAC air/eau et de panneaux photovoltaïques

Conclusion et points clés à retenir

La pompe à chaleur n'est pas devenue la solution de chauffage dominante en re2020 par hasard. Elle combine des atouts décisifs : respect des exigences carbone, rendement exceptionnel, économies d'énergie substantielles et polyvalence d'usage. Avec 98 % des maisons neuves équipées, la filière est mature, les installateurs formés et les équipements fiables.

Pour réussir votre projet, retenez ces points essentiels :

  • Privilégiez le SCOP au COP pour évaluer les performances réelles
  • Associez votre PAC à des émetteurs basse température (plancher chauffant idéalement)
  • Faites réaliser un dimensionnement précis par un professionnel RGE QualiPAC
  • Intégrez la réflexion sur le chauffage dès la conception avec votre bureau d'études thermiques
  • N'oubliez pas la production d'eau chaude sanitaire dans votre projet

La re2020 a définitivement enterré les chaudières fossiles et ouvert une nouvelle ère pour le chauffage. La pompe à chaleur en est l'emblème, mais elle n'est qu'un élément d'une conception globale qui intègre isolation performante, conception bioclimatique et sobriété énergétique. Comme toujours en construction, le diable se cache dans les détails, et c'est l'association de tous ces éléments qui fera de votre maison un lieu confortable et économe.

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