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Poêle à bois en re2020 : guide, conseils et contraintes

Publié le 20/02/2026 | Temps de lecture : 8 min
Poêle à bois dans une maison neuve conforme re2020
Un poêle à bois étanche, bien dimensionné, peut constituer le chauffage principal d'une maison neuve re2020.

En résumé

Le poêle à bois est pleinement compatible avec la re2020. Bonne nouvelle pour les amateurs de feu de bois : la réglementation valorise même le chauffage bois via l'indicateur Cep,nr. Mais des conditions s'imposent : étanchéité obligatoire, rendement élevé, surface maximale de 100 m², régulation automatique si le poêle est chauffage principal. Ce guide vous explique tout.

Adrien Leclerc Par Adrien Leclerc — Ingénieur thermicien | Publié le 20/02/2026

Depuis l'entrée en vigueur de la re2020 au 1er janvier 2022, le choix du chauffage dans les maisons neuves s'est profondément reconfiguré. Le gaz a pratiquement disparu, la pompe à chaleur règne en maître, et le poêle à bois suscite un regain d'intérêt fort. Mais peut-on vraiment installer un poêle — à bûches ou à granulés — dans une construction neuve soumise à la re2020 ? Et si oui, à quelles conditions ? Entre l'obligation d'étanchéité de l'enveloppe, les indicateurs réglementaires et les exigences de régulation, les contraintes sont réelles mais surmontables. Ce guide vous donne toutes les clés pour comprendre la place du poêle dans une maison neuve, éviter les erreurs de conception et prendre la bonne décision pour votre projet.

Sommaire

Le poêle à bois est-il compatible re2020 ?

La réponse est oui, sans ambiguïté. La réglementation environnementale 2020 ne prescrit aucun équipement spécifique : elle fixe des objectifs chiffrés — Bbio, Cep, Cep,nr, DH, Ic construction, Ic énergie — et laisse les concepteurs libres des moyens pour les atteindre. Le bois étant une énergie renouvelable, il est même explicitement valorisé par la réglementation, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique.

À l'opposé, ce qui a disparu des maisons neuves, c'est la cheminée à foyer ouvert. Son rendement très faible (inférieur à 20 %) et ses importantes émissions de particules fines la rendent incompatible avec les exigences re2020. Les inserts et les poêles fermés, en revanche, s'inscrivent parfaitement dans la démarche, à condition de respecter les contraintes techniques détaillées ci-dessous.

Schéma d'un poêle étanche avec prise d'air extérieure en maison neuve re2020
Schéma type d'un poêle étanche : la prise d'air de combustion se fait directement à l'extérieur, sans puiser dans l'air chauffé de la maison.

Les contraintes techniques à respecter

L'étanchéité à l'air : une exigence incontournable

La re2020 renforce les exigences d'étanchéité à l'air de l'enveloppe du bâtiment. Dans ce contexte, un poêle classique non étanche — qui prélève l'air de combustion dans la pièce — crée une dépression, dégrade l'étanchéité effective de la maison et perturbe le fonctionnement de la VMC. C'est pourquoi les poêles étanches sont devenus quasi obligatoires dans les constructions neuves re2020. Ces appareils disposent d'un raccordement direct à l'extérieur pour l'apport d'air de combustion : ils ne consomment pas l'air chauffé de la maison et n'affectent pas l'équilibre en pression. Cette contrainte est encadrée par le DTU 24.1, norme de référence pour l'installation des conduits de fumée en France, consultable auprès du CSTB.

Les rendements minimaux requis

La re2020 ne fixe pas directement de seuil de rendement dans ses textes réglementaires, mais le moteur de calcul Th-BCE intègre le rendement de l'appareil pour évaluer la consommation d'énergie primaire. En pratique, pour qu'un poêle contribue favorablement aux indicateurs réglementaires et puisse fonctionner comme chauffage principal, on retient les seuils suivants issus des fiches d'application ministérielles :

  • Poêle à bûches : rendement supérieur à 70 % (idéalement 75 % ou plus)
  • Poêle à granulés : rendement supérieur à 85 % (les meilleurs modèles atteignent 90–95 %)

Le label Flamme Verte, géré par l'ADEME, garantit des appareils performants et peu émetteurs de particules. Les modèles 7 étoiles — le niveau le plus exigeant — sont les mieux adaptés à une utilisation en maison neuve re2020. À noter : depuis le 1er janvier 2022, seuls les appareils labellisés Flamme Verte 7 étoiles (ou équivalent européen Écolabel) peuvent bénéficier des aides financières de l'État (MaPrimeRénov').

La règle des 100 m² desservis

C'est l'une des contraintes réglementaires les plus importantes pour le dimensionnement. Selon l'article 24 de l'arrêté du 26 octobre 2010, repris dans les fiches d'application RT2012/re2020, un appareil indépendant de chauffage à bois ne peut desservir au maximum que 100 m² de surface habitable par un seul dispositif de régulation. Cette surface correspond aux pièces en connexion aéraulique avec le poêle (une porte ouvrable vers une pièce contiguë suffit à établir cette connexion). Les salles de bains sont exclues de ce décompte et doivent être équipées de leurs propres émetteurs. Au-delà de 100 m², un second système de chauffage est obligatoire.

Concrètement, cette règle signifie qu'une maison de 90 m² peut théoriquement être chauffée par un seul poêle, tandis qu'une maison de 130 m² nécessitera un système complémentaire (radiateurs électriques, plancher chauffant, autre poêle) pour les pièces non couvertes.

Le Cep,nr : l'avantage décisif du bois-énergie

La re2020 a introduit un indicateur absent de la rt2012 : le Cep,nr (consommation d'énergie primaire non renouvelable). Cet indicateur mesure uniquement la consommation d'énergies non renouvelables du bâtiment sur les cinq usages réglementaires (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation). L'énergie issue de la combustion du bois — bûches ou granulés — est considérée comme d'origine renouvelable et donc comptabilisée à zéro dans le Cep,nr.

C'est un avantage considérable. Un logement chauffé principalement au bois voit son Cep,nr rester très bas, là où un chauffage électrique direct — pénalisé par le coefficient de conversion d'énergie primaire (2,3 en re2020) — peut rapidement faire dépasser les seuils réglementaires. Le secteur du bois-énergie, représenté notamment par le Syndicat des Énergies Renouvelables et France Bois Forêt, a largement communiqué sur ce positionnement favorable du bois dans le calcul re2020.

De la même façon, les indicateurs Ic énergie (impact carbone lié à la consommation d'énergie sur 50 ans) sont favorables aux solutions bois, car le bilan carbone de la combustion est considéré comme neutre à l'échelle du cycle biologique de la forêt, sous réserve que le bois provienne de forêts gérées durablement. Ce point est suivi de près par le programme ADEME dans ses travaux sur l'analyse du cycle de vie des combustibles.

Schéma comparatif Cep,nr entre poêle à bois et radiateur électrique en re2020
Le bois étant une énergie renouvelable, il n'est pas comptabilisé dans le Cep,nr, contrairement à l'électricité conventionnelle.

Poêle principal ou chauffage d'appoint : quelle différence ?

C'est la question que se posent la plupart des maîtres d'ouvrage. La réglementation distingue deux configurations, avec des conséquences importantes sur le calcul thermique et sur la nécessité d'installer des émetteurs complémentaires dans chaque pièce.

Poêle avec régulation automatique : chauffage principal possible

Lorsque le poêle est équipé d'un dispositif d'arrêt manuel et de régulation automatique en fonction de la température intérieure (thermostat), il peut être reconnu comme système de chauffage principal pour les locaux qu'il dessert. Dans ce cas, les pièces de jour (séjour, salon, cuisine ouverte) directement chauffées par le poêle n'ont pas besoin d'émetteurs supplémentaires. Dans les pièces de nuit (chambres), des émetteurs complémentaires sont installés ou prévus en réservation, mais la répartition des besoins entre le poêle et ces émetteurs est modélisée dans le calcul réglementaire via des ratios spatiaux et temporels (Ratem), tels que définis dans la fiche d'application sur les émissions mixtes publiée par le ministère. Dans cette configuration, le coefficient McGES du bois (valeur 0,3 en annexe de l'arrêté) peut être appliqué, ce qui bonifie le calcul du Cep.

Poêle sans régulation automatique : rôle d'appoint uniquement

Si le poêle est un modèle traditionnel à alimentation manuelle, sans thermostat, il ne peut être reconnu que comme système d'appoint. Un système principal de chauffage avec régulation automatique (plancher chauffant, convecteurs, PAC) doit alors être installé dans toutes les pièces. La part de chauffage assurée par le poêle est modélisée à hauteur de 50 % en pièces de jour et 25 % en pièces de nuit, le système principal couvrant le reste. Dans ce cas, le coefficient McGES prend la valeur 0 — le bénéfice carbone du bois n'est pas pris en compte dans le calcul réglementaire, même si le poêle produit bien de la chaleur.

Bien choisir son poêle pour une maison re2020

Le label Flamme Verte, un indicateur de qualité

Créé sous l'égide de l'ADEME, le label Flamme Verte classe les appareils de 5 à 7 étoiles selon leurs performances énergétiques et leurs émissions de polluants. Pour une maison neuve re2020, visez au minimum un appareil 7 étoiles, qui garantit un rendement élevé et des émissions de particules (PM2,5) maîtrisées. Ces appareils sont conçus pour fonctionner dans des logements à très faible renouvellement d'air — condition indispensable dans une maison re2020 dont l'étanchéité est renforcée. La plateforme Qualité Construction recommande également de s'assurer que l'appareil bénéficie d'une fiche technique certifiée par un laboratoire accrédité par le Cofrac.

Le dimensionnement : ni trop petit, ni trop puissant

Une maison re2020, très bien isolée, a des besoins en chauffage bien inférieurs à une maison ancienne. Dans une construction neuve typique de 90 à 100 m², un poêle de 4 à 8 kW suffit généralement à couvrir les besoins. Un appareil surdimensionné fonctionnera en sous-régime chronique, ce qui nuit à la combustion, encrasse les conduits et réduit le rendement réel. L'étude thermique re2020 réalisée en amont de votre projet permettra de connaître précisément les besoins de chauffage de chaque pièce et de dimensionner l'appareil en conséquence.

Bûches ou granulés ?

Les deux combustibles sont compatibles re2020, mais présentent des profils différents. Le poêle à granulés offre un rendement supérieur (90–95 %), une alimentation automatique et une régulation précise — ce qui en fait un meilleur candidat au rôle de chauffage principal. Le poêle à bûches, plus authentique, convient davantage à un rôle d'appoint confort, sauf si le modèle dispose d'une régulation automatique de qualité. Pour une comparaison approfondie, consultez notre article dédié au poêle à granulés en re2020.

Installation et mise en œuvre

L'installation d'un poêle dans une maison neuve re2020 ne s'improvise pas. Elle doit respecter plusieurs exigences cumulatives.

Le conduit de fumée doit être dimensionné et mis en œuvre selon le DTU 24.1. Trois zones de sortie sont définies réglementairement : au faîtage, en toiture et en façade — le choix dépend du type de poêle et de la configuration du bâtiment. Une étude préalable de tirage est souvent nécessaire. La Fédération Française du Bâtiment propose des guides pratiques sur les bonnes pratiques d'installation des conduits.

Pour bénéficier des aides financières (MaPrimeRénov', CEE), l'installation doit être réalisée par un professionnel qualifié RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). Ce label, délivré notamment par Qualit'ENR, garantit la compétence de l'artisan sur les systèmes de chauffage renouvelables.

Enfin, côté entretien, le ramonage du conduit est obligatoire au moins une fois par an (deux fois en période de chauffe en habitat collectif). Un entretien annuel de l'appareil par un professionnel permet de maintenir le rendement déclaré et de prévenir les risques d'incendie ou d'intoxication.

Installation d'un conduit de fumée pour poêle à bois conforme DTU 24.1
L'installation du conduit de fumée doit respecter le DTU 24.1 : tirage, hauteur de sortie et distances de sécurité sont vérifiés lors de la réception.

Exemples concrets

Cas 1 — Maison de 90 m², poêle à granulés comme chauffage principal

Pierre construit une maison de plain-pied en zone H2b (Nouvelle-Aquitaine), 90 m² de surface habitable : 45 m² de pièces de jour, 38 m² de pièces de nuit et 7 m² de salle de bain. Il opte pour un poêle à granulés de 6 kW, étanche, label Flamme Verte 7 étoiles, avec thermostat intégré. La totalité de la surface (hors sdb) est en dessous des 100 m² réglementaires. Dans les chambres, des réservations pour radiateurs à inertie sont prévues mais aucun émetteur n'est installé d'emblée. La salle de bain est équipée d'un sèche-serviette électrique. Le poêle est reconnu comme chauffage principal ; les ratios Ratem sont saisis dans le moteur Th-BCE. L'étude thermique re2020 valide les indicateurs réglementaires. Résultat : un logement confortable, un Cep,nr très bas et une facture énergétique maîtrisée.

Cas 2 — Maison de 130 m², poêle à bûches en appoint d'une PAC

Sophie construit une maison à étage de 130 m² en zone H1c (Rhône-Alpes). La surface dépasse les 100 m², ce qui exclut d'emblée le poêle seul comme chauffage principal. Le choix se porte sur une pompe à chaleur air/eau alimentant un plancher chauffant au rez-de-chaussée et des radiateurs à l'étage, complétée par un poêle à bûches étanche de 7 kW dans le séjour. Le poêle sert d'appoint confort les soirs d'hiver. Comme il n'est pas muni d'une régulation automatique, il est modélisé en émission mixte complémentaire (McGES = 0). La PAC assure la conformité réglementaire. Résultat : le plaisir du feu sans compromis sur la conformité re2020, et une réduction de la sollicitation de la PAC de 20 à 30 % sur la saison.

Cas 3 — Maison de 110 m², poêle à bûches avec thermostat comme principal

Marc construit en zone H2a (Pays de la Loire), 110 m² : 50 m² de pièces de jour, 50 m² de pièces de nuit, 10 m² de sdb. Il choisit un poêle à bûches modèle de masse (stéatite), 8 kW, avec thermostat électronique intégré (régulation automatique). La surface desservie par le poêle est limitée à 100 m² réglementaires. Les 10 m² de pièces de nuit au-delà des 100 m² sont équipés d'un émetteur électrique indépendant. La sdb dispose d'un sèche-serviette. Le poêle est saisi comme chauffage principal sur 100 m². Résultat : solution conforme, inertie thermique excellente, deux à trois chargements de bois par jour suffisent en période de grand froid.

Conclusion et points clés à retenir

Le poêle à bois trouve pleinement sa place dans une maison neuve re2020, à condition de respecter un cadre technique précis. La réglementation, loin de pénaliser le bois, le valorise via l'indicateur Cep,nr et son bilan carbone favorable. Voici les points essentiels à retenir avant de vous lancer.

  • Étanchéité obligatoire : optez impérativement pour un poêle étanche avec prise d'air extérieure dans une maison neuve re2020.
  • Rendement : visez un rendement ≥ 75 % pour un poêle à bûches, ≥ 85 % pour un poêle à granulés. Le label Flamme Verte 7 étoiles est le référentiel qualité à privilégier.
  • Règle des 100 m² : un seul poêle ne peut chauffer (réglementairement) que 100 m² maximum. Au-delà, un système complémentaire est obligatoire.
  • Régulation automatique : pour un rôle de chauffage principal, le poêle doit être équipé d'un thermostat. Sans régulation, il est modélisé comme appoint uniquement.
  • Cep,nr favorable : le bois est compté comme énergie renouvelable (contribution = 0 dans le Cep,nr), ce qui constitue un avantage réglementaire majeur.
  • Salles de bains : elles doivent toujours être équipées d'émetteurs dédiés, quel que soit le système de chauffage principal.
  • Installation RGE : faites appel à un professionnel qualifié RGE pour l'installation, le dimensionnement du conduit et la conformité DTU 24.1.
  • Étude thermique : une étude thermique re2020 est indispensable pour valider la compatibilité de votre projet et garantir la conformité réglementaire.

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