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Ballon thermodynamique : 7 erreurs à ne pas commettre

Publié le 09/02/2026 | Temps de lecture : 10 min

En bref

Le ballon thermodynamique est devenu l'équipement star de la re2020 pour l'eau chaude sanitaire. Mais entre le surdimensionnement, l'installation dans un placard à balais et l'entretien aux oubliettes, les erreurs sont légion. Voici les sept pièges les plus courants — et surtout comment les esquiver avec élégance.

Claire Montrevault, rédactrice Etude-bet Par Claire Montrevault |

Ballon thermodynamique mal installé dans un local exigu illustrant les erreurs fréquentes
Un ballon thermodynamique, ça ne se pose pas n'importe où, n'importe comment. Et pourtant...

Introduction : un équipement formidable... quand on ne le sabote pas

Depuis l'entrée en vigueur de la re2020 en janvier 2022, le ballon thermodynamique s'est imposé dans la quasi-totalité des maisons neuves. Et pour cause : avec un COP (coefficient de performance) compris entre 2,5 et 4, il consomme jusqu'à trois fois moins d'électricité qu'un cumulus classique pour produire la même quantité d'eau chaude. Dans une maison bien isolée, où l'eau chaude sanitaire est désormais le premier poste de consommation énergétique devant le chauffage, c'est un atout considérable.

Mais voilà : un bon équipement mal choisi, mal installé ou mal entretenu, c'est un peu comme une voiture de course avec des pneus lisses. Ça avance, mais pas dans la bonne direction. Chez Etude-bet, nous voyons passer des centaines d'études thermiques chaque année, et certaines erreurs reviennent avec une régularité presque touchante. Cet article est là pour vous éviter de les reproduire — et accessoirement, pour vous faire sourire en chemin.

Sommaire :

Erreur n°1 : Surdimensionner le ballon « au cas où »

C'est l'erreur la plus répandue, et paradoxalement la plus contre-intuitive. On se dit : « Prenons un ballon de 300 litres, comme ça on ne manquera jamais d'eau chaude. » Sauf que dans le monde du thermodynamique, plus gros ne veut pas dire plus performant — c'est même souvent le contraire.

Un ballon surdimensionné par rapport à vos besoins réels va chauffer un volume d'eau que vous ne consommerez pas entièrement. Résultat : des pertes thermiques statiques plus importantes (l'eau stockée perd sa chaleur au fil des heures), des cycles de chauffe plus longs et un COP qui chute. L'Uniclima (syndicat des industries thermiques) recommande 150 litres pour 2 à 3 personnes, 200 litres pour 3 à 4 personnes, et 270 à 300 litres pour 5 personnes et plus.

À l'inverse, un ballon sous-dimensionné sollicitera la résistance électrique d'appoint trop souvent, ce qui annule une bonne partie des économies. Le juste milieu, c'est un dimensionnement calé sur 50 litres d'eau chaude à 40 °C par personne et par jour — soit environ 31 litres à 60 °C en sortie de ballon, selon les données du CSTB.

Guide de dimensionnement du ballon thermodynamique selon le nombre de personnes dans le foyer
Le bon volume de ballon : ni trop (pertes thermiques), ni trop peu (appoint électrique en surchauffe).

Erreur n°2 : l'installer dans un volume trop petit

Le ballon thermodynamique fonctionne en captant les calories de l'air ambiant. Moins il y a d'air disponible, moins il y a de calories à capter, et plus la température de la pièce chute — ce qui fait baisser le rendement et peut même déclencher des codes d'erreur. C'est un cercle vicieux digne d'un scénario de film d'horreur thermique.

La règle est simple et non négociable : le local doit offrir un volume d'air d'au moins 20 m³, soit l'équivalent d'une pièce de 10 m² avec 2 mètres de hauteur sous plafond. Un garage, un cellier spacieux ou une buanderie conviennent parfaitement. Un placard sous l'escalier ou un réduit de 4 m² ? C'est non. Et ce n'est pas nous qui le disons : c'est la préconisation de tous les fabricants, confirmée par les recommandations de l'Agence Qualité Construction.

Si votre configuration ne permet pas de respecter ce volume, deux solutions existent : opter pour un modèle gainé sur air extérieur (des gaines aspirent l'air dehors et rejettent l'air refroidi) ou choisir un modèle split dont l'unité extérieure capte l'air à l'extérieur. La première solution est peu coûteuse en travaux, la seconde offre de meilleures performances en climat froid.

Erreur n°3 : ignorer la question du bruit

Un cumulus électrique, c'est silencieux comme un moine en retraite. Un ballon thermodynamique, en revanche, intègre un compresseur et un ventilateur qui génèrent entre 35 et 50 décibels selon les modèles. Pour donner un ordre d'idée : 35 dB, c'est un chuchotement ; 50 dB, c'est un lave-vaisselle en fonctionnement. Pas dramatique, sauf quand le ballon se met en route à 2 heures du matin et que la chambre de bébé se trouve juste derrière la cloison.

Avant l'achat, vérifiez systématiquement le niveau sonore indiqué sur la fiche technique. L'Afnor impose que cette donnée figure dans la documentation commerciale. Au-delà de 50 dB, évitez toute installation à proximité de pièces de vie ou de chambres. Certains fabricants proposent des modèles « silence » autour de 35-40 dB — un investissement qui peut sauver des mariages.

Autre point souvent négligé : les vibrations. Un ballon posé directement sur un sol léger (plancher bois, par exemple) peut transmettre des vibrations à la structure. La pose sur un socle anti-vibratile ou sur un sol en béton est fortement recommandée pour les installations sensibles.

Schéma des zones recommandées et déconseillées pour l'installation d'un ballon thermodynamique par rapport aux chambres
Règle d'or : jamais de ballon thermodynamique contre un mur mitoyen avec une chambre. Jamais.

Erreur n°4 : choisir le mauvais type de captage

Il existe trois grandes familles de ballons thermodynamiques, et le choix entre elles n'est pas anodin. Le modèle monobloc sur air ambiant (le plus courant et le moins cher, à partir de 1 500 €) aspire l'air de la pièce. Pratique, mais il refroidit le local de 3 à 5 °C — ce qui peut être gênant en hiver si le garage est attenant à la maison et mal isolé.

Le modèle split sur air extérieur sépare le ballon (à l'intérieur) de l'unité de captage (à l'extérieur). Avantage : pas de refroidissement du local. Inconvénient : par grand froid, le COP chute significativement (jusqu'à 1,5 par températures négatives), et l'installation est plus complexe avec des liaisons frigorifiques à dimensionner correctement.

Le modèle sur air extrait se raccorde à la VMC et récupère les calories de l'air vicié extrait du logement. L'air extrait est à température constante (environ 20 °C toute l'année), ce qui garantit un excellent COP. Mais il nécessite une VMC compatible et un débit d'air suffisant — si les bouches sont encrassées ou si le réseau est mal dimensionné, le rendement s'effondre.

Le choix dépend de votre climat, de votre configuration et de votre budget. Dans les régions aux hivers rigoureux (zones climatiques H1 au sens de la re2020), le modèle split ou le modèle sur air extrait sont souvent plus pertinents qu'un simple monobloc sur air ambiant. Votre étude thermique re2020 vous guidera vers le meilleur compromis.

Le saviez-vous ?

Dans une maison re2020 bien isolée, l'eau chaude sanitaire représente environ 75 % de la consommation énergétique liée au confort thermique. C'est plus que le chauffage ! L'ademe estime que la production d'eau chaude pèse entre 12 et 20 % de la facture d'énergie totale d'un ménage. Autant dire que choisir le bon ballon, bien l'installer et bien l'entretenir, ce n'est pas un détail — c'est la décision qui fera la différence sur votre facture pendant les 15 à 20 prochaines années.

Erreur n°5 : oublier la programmation

Acheter un ballon thermodynamique connecté et ne jamais toucher à la programmation, c'est comme acheter un smartphone et ne s'en servir que pour téléphoner. Techniquement ça fonctionne, mais on passe à côté de l'essentiel.

La programmation permet d'optimiser les plages de fonctionnement du ballon en fonction de votre contrat d'électricité. Si vous êtes en heures pleines / heures creuses, programmer la chauffe pendant les heures creuses (généralement entre 22h et 6h) peut réduire le coût de l'électricité consommée d'environ 25 %. Si vous disposez de panneaux photovoltaïques, programmer la chauffe en journée pendant les heures de production solaire maximise votre autoconsommation et réduit encore la facture.

La plupart des modèles récents proposent des modes de fonctionnement avancés : mode « auto » (adapte la production aux habitudes de consommation), mode « absence » (maintient une température minimale pendant les vacances) et mode « boost » (active la résistance d'appoint pour un besoin ponctuel). Apprendre à utiliser ces modes, c'est 5 minutes de lecture de la notice et des années d'économies. Le rapport effort/bénéfice est imbattable.

Erreur n°6 : négliger l'entretien

Un ballon thermodynamique, ça dure 15 à 20 ans. Enfin, ça peut durer 15 à 20 ans — si on ne fait pas comme 60 % des propriétaires qui oublient purement et simplement son existence une fois la porte du garage refermée. L'entretien d'un ballon thermodynamique n'est pas compliqué, mais il est indispensable.

Trois gestes essentiels à retenir. Le détartrage de la cuve : tous les 2 à 3 ans, surtout si votre eau est calcaire. Le tartre se dépose sur la résistance d'appoint et sur les parois, réduisant l'efficacité du transfert thermique et la capacité utile du ballon. Le dépoussiérage de l'évaporateur : au moins une fois par an, il suffit de nettoyer les ailettes avec une brosse douce ou un aspirateur. Un évaporateur encrassé, c'est un COP qui chute et un compresseur qui force — bonjour la facture et le bruit. La manœuvre du groupe de sécurité : une fois par mois, actionnez la soupape pendant quelques secondes. C'est le geste de 10 secondes qui empêche le groupe de se bloquer et d'entraîner une surpression dans la cuve.

Un contrôle annuel par un professionnel qualifié coûte entre 80 et 150 € et permet de vérifier le circuit frigorifique, l'état de l'anode de protection et le bon fonctionnement de la régulation électronique. C'est un investissement modeste rapporté au coût d'un compresseur en panne (500 à 800 € pièce et main d'œuvre), comme le rappellent les fabricants tels que Effinergie dans leurs guides de bonnes pratiques.

Nettoyage de l'évaporateur d'un ballon thermodynamique lors d'un entretien annuel
Dépoussiérer l'évaporateur une fois par an : 5 minutes de votre temps, des années de performances préservées.

Erreur n°7 : confondre COP laboratoire et COP réel

Le COP affiché sur la fiche technique de votre ballon thermodynamique est mesuré en laboratoire selon la norme européenne EN 16147, avec une température d'air à 15 °C et une température d'eau de sortie à 52,5 °C. Ces conditions sont standardisées pour permettre la comparaison entre les modèles, mais elles ne reflètent pas la réalité de votre installation.

En conditions réelles, le COP varie fortement selon la température de l'air capté. Un ballon monobloc installé dans un garage non chauffé en Alsace en janvier (air à 5 °C) aura un COP bien inférieur à celui mesuré en laboratoire. À l'inverse, un modèle sur air extrait raccordé à la VMC d'une maison bien chauffée (air à 20 °C) pourra dépasser le COP nominal.

La règle est simple : ne comparez jamais les COP de deux modèles sans vérifier les conditions de mesure. Un COP de 3,5 mesuré à 15 °C d'air entrant est plus significatif qu'un COP de 4 mesuré à 20 °C. Pour être éligible aux aides financières (MaPrimeRénov', CEE), le COP doit être supérieur à 2,5 pour une installation sur air extrait et 2,4 pour les autres configurations, selon les critères définis par l'Anah. Dans le calcul réglementaire re2020 (moteur Th-BCE), c'est le COP normalisé qui est utilisé, mais avec des corrections tenant compte de la zone climatique et du type d'installation.

Monobloc, split ou air extrait : récapitulatif express

  • Monobloc sur air ambiant : le plus simple et le moins cher (1 500 à 2 500 €). Idéal dans un garage ou cellier de plus de 20 m³. Refroidit la pièce de 3 à 5 °C.
  • Split sur air extérieur : unité extérieure + ballon intérieur (2 500 à 4 000 €). Pas de refroidissement du local, mais COP réduit par grand froid. Nécessite des liaisons frigorifiques conformes.
  • Sur air extrait : raccordé à la VMC (2 000 à 3 500 €). COP stable toute l'année grâce à la température constante de l'air intérieur. Nécessite une VMC compatible et bien entretenue.

Pour déterminer la configuration la plus adaptée à votre projet, une étude thermique re2020 reste le meilleur outil d'aide à la décision. L'impact du choix du ballon sur les indicateurs Cep et Cep,nr peut être significatif.

Exemples concrets : avant/après correction

Cas n°1 : Le ballon du couple de retraités surdimensionné

Gérard et Monique vivent à deux dans leur maison neuve de 90 m². Leur constructeur leur a installé un ballon thermodynamique de 300 litres « pour être tranquilles ». Résultat : le ballon ne chauffe jamais la totalité de l'eau à la température de consigne, le COP réel tombe à 2,1 et la résistance d'appoint se déclenche régulièrement. Après diagnostic, remplacement par un modèle de 150 litres parfaitement adapté à leurs besoins. La consommation annuelle passe de 1 800 kWh à 1 100 kWh, soit environ 150 € d'économie par an. La morale : un ballon bien dimensionné vaut mieux qu'un ballon trop grand.

Cas n°2 : Le ballon coincé dans le cellier de 6 m³

Sophie a fait installer un ballon monobloc sur air ambiant dans un cellier de 3 m² (soit 6 m³ avec la hauteur sous plafond). À peine le volume recommandé divisé par trois. Le ballon aspire les calories de l'air, refroidit la pièce jusqu'à 8 °C en hiver et déclenche des codes erreur à répétition (ERR 24 : température d'air hors plage). La solution ? L'installateur a percé deux ouvertures dans le mur pour raccorder des gaines d'entrée et de sortie d'air vers l'extérieur, transformant le monobloc en configuration gainée. Coût de l'intervention : environ 300 €. Résultat : plus de codes erreur et un COP stabilisé autour de 2,8.

Cas n°3 : Le ballon bruyant qui a failli coûter un divorce

Marc et Julie ont fait construire leur maison re2020 avec un ballon thermodynamique installé dans le garage attenant, dont le mur est mitoyen avec la chambre parentale. Le modèle choisi affiche 48 dB — soit le bruit d'un lave-vaisselle. Programmé pour chauffer pendant les heures creuses (à partir de 22h30), le compresseur se déclenche chaque soir au moment de l'endormissement. Après trois mois de nuits agitées, la solution retenue : déplacement du ballon dans l'autre coin du garage (côté entrée) et pose d'un socle anti-vibratile. Coût total : 400 €. Bonheur conjugal retrouvé : inestimable.

Installation correcte d'un ballon thermodynamique dans un garage spacieux avec accès pour entretien
L'installation idéale : un garage spacieux, loin des chambres, avec un accès facile pour l'entretien.

Conclusion et points clés à retenir

Le ballon thermodynamique est un équipement remarquablement efficace — quand on le respecte. Sa technologie de pompe à chaleur miniature lui permet de diviser par trois la consommation d'eau chaude par rapport à un cumulus classique, ce qui en fait le compagnon idéal de la re2020. Mais comme tout équipement technique, il a ses exigences : un espace suffisant, un dimensionnement adapté, un emplacement réfléchi et un minimum d'attention tout au long de sa vie.

Les sept erreurs que nous venons de détailler ne sont pas des cas isolés. Chez Etude-bet, nous les rencontrons régulièrement dans les retours de nos clients et dans les études que nous réalisons. La bonne nouvelle, c'est qu'elles sont toutes évitables, à condition de prendre les bonnes décisions au bon moment — idéalement dès la phase de conception du projet, avant même le dépôt du permis de construire.

Pour aller plus loin, notre article dédié explique en détail si le ballon thermodynamique est obligatoire en re2020 (spoiler : non, mais presque). Et si vous avez un projet de construction neuve, une étude thermique re2020 réalisée en amont par un bureau d'études certifié vous évitera bien des déconvenues. Chez Etude-bet, on vous la livre en 48 heures, avec le sourire en prime.

Les 7 erreurs en un coup d'œil

  • Surdimensionner : adaptez la capacité (150 à 300 L) au nombre réel d'occupants, pas à un scénario catastrophe.
  • Volume trop petit : 20 m³ minimum pour le local d'installation, sinon optez pour un modèle gainé ou split.
  • Ignorer le bruit : vérifiez le niveau sonore (visez moins de 45 dB) et éloignez le ballon des chambres.
  • Mauvais type de captage : monobloc, split ou air extrait — le choix dépend de votre climat et de votre configuration.
  • Pas de programmation : exploitez les heures creuses ou le photovoltaïque pour optimiser les coûts.
  • Entretien oublié : détartrage tous les 2-3 ans, nettoyage de l'évaporateur annuel, manœuvre du groupe de sécurité mensuelle.
  • COP trompeur : un COP laboratoire à 15 °C ne vaut pas un COP réel dans votre garage à 5 °C en janvier.
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