RE2020 en 2026 : les prédictions qui vont vous surprendre
2026 : une année décisive pour la réglementation environnementale du bâtiment
L'essentiel en 30 secondes
Au 1er janvier 2026, la re2020 s'étend à dix nouvelles catégories de bâtiments tertiaires (hôtels, commerces, crèches, EHPAD...), couvrant 70% du parc futur. Parallèlement, le nouveau calcul du DPE fait sortir 850 000 logements du statut de passoire thermique. Côté aides, MaPrimeRénov' se recentre sur les ménages modestes et les logements classés E, F ou G. Une année de transition majeure pour tout le secteur !
Par Adrien Leclerc | Publié le 02/01/2026
Introduction : attachez vos ceintures, 2026 décolle !
Si vous pensiez que 2025 avait été mouvementée pour le secteur du bâtiment avec ses suspensions de MaPrimeRénov' et ses rebondissements réglementaires, accrochez-vous bien à votre casque de chantier : 2026 promet d'être encore plus palpitante ! Entre l'extension historique de la re2020 à de nouveaux bâtiments, une réforme du DPE qui fait disparaître des passoires thermiques comme par magie (spoiler : ce n'est pas vraiment de la magie), et des aides à la rénovation en pleine mutation, le secteur de la construction s'apprête à vivre une véritable révolution.
Dans cet article, nous allons décrypter ensemble les principales évolutions qui vous attendent cette année. Que vous soyez architecte, constructeur, maître d'ouvrage ou simplement propriétaire curieux, ce guide vous permettra d'anticiper les changements et de ne pas vous retrouver le bec dans l'eau devant un permis de construire. Car oui, comme disait un sage du BTP : « Mieux vaut prévenir que devoir refaire son attestation pcmi14 ! »
L'extension de la re2020 aux bâtiments tertiaires : le grand saut
C'est officiel et confirmé par la consultation publique du ministère de la Transition écologique : à compter du 1er janvier 2026, la re2020 s'applique aux permis de construire déposés pour dix nouvelles catégories de bâtiments. Jusqu'ici cantonnée aux logements, bureaux et établissements scolaires depuis 2022, la réglementation environnementale fait sa mue et englobe désormais environ 70% du parc tertiaire futur.
Cette extension répond à une exigence européenne : la directive EPBD (Energy Performance of Buildings Directive) impose que l'ensemble de la construction neuve soit couverte par des normes environnementales d'ici mi-2026. La France, fidèle à sa réputation de bonne élève (parfois trop), anticipe le mouvement. Le secteur du bâtiment représentant près de 30% des émissions de gaz à effet de serre nationales selon le Cerema, cette généralisation constitue un levier majeur pour atteindre l'objectif de neutralité carbone en 2050.
Les 10 typologies de bâtiments tertiaires désormais soumises à la re2020
Les 10 nouvelles typologies concernées : qui est dans le viseur ?
Voici la liste complète des bâtiments qui rejoignent le club très fermé de la re2020 cette année, selon le décret de la DHUP :
Les nouveaux venus de la re2020
- Hôtels : tous les établissements hôteliers, avec distinction entre partie jour (accueil, restaurant) et partie nuit (chambres)
- Restaurants : établissements de restauration indépendants
- Commerces : surfaces commerciales de toute taille
- Crèches : établissements d'accueil de la petite enfance et haltes-garderies
- Universités : bâtiments d'enseignement supérieur et de recherche
- Médiathèques : bibliothèques et centres culturels
- Établissements de santé et EHPAD : hôpitaux, cliniques, maisons de retraite
- Gymnases : équipements sportifs couverts
- Bâtiments industriels et artisanaux : ateliers, usines, entrepôts
- Aérogares : terminaux aéroportuaires
Bonne nouvelle toutefois : les seuils appliqués à ces nouveaux bâtiments seront légèrement plus souples que ceux des bureaux. On parle d'environ 800 kg éq. CO₂/m² pour l'indicateur Ic construction et 200 kg éq. CO₂/m² pour l'indicateur Ic énergie. Les tribunaux et palais de justice, eux, restent sous rt2012 (ils ont déjà assez à juger comme ça).
À noter également que les bâtiments provisoires de moins de deux ans et les extensions inférieures à 50 m² sont exclus de cette extension, comme le précise le portail officiel RT-RE bâtiment.
La réforme du DPE : 850 000 passoires thermiques disparaissent (sur le papier)
Voilà probablement la nouvelle qui fera le plus parler en 2026 : le mode de calcul du Diagnostic de Performance Énergétique évolue au 1er janvier, et ce changement a des conséquences spectaculaires. Le coefficient de conversion de l'électricité passe de 2,3 à 1,9, un ajustement technique qui va permettre à environ 850 000 logements de sortir du statut de passoire thermique sans avoir posé le moindre panneau d'isolant !
Pourquoi ce changement ? L'ancien coefficient pénalisait injustement les logements chauffés à l'électricité, alors que le mix électrique français, largement nucléaire, est l'un des plus décarbonés d'Europe. Un logement bien isolé mais chauffé à l'électricité pouvait se retrouver classé F ou G, au même niveau qu'une vraie passoire chauffée au fioul. Une aberration que cette réforme vient corriger.
Mise à jour gratuite : Si votre DPE a été réalisé avant le 1er janvier 2026, il reste valable. Vous pouvez télécharger gratuitement une attestation de nouvelle étiquette sur le site de l'ADEME en entrant simplement votre numéro de DPE. Pas besoin d'une nouvelle visite du diagnostiqueur !
Concrètement, de nombreux propriétaires de petits logements chauffés à l'électricité vont pouvoir souffler. Un studio parisien qui était classé G et interdit à la location depuis le 1er janvier 2025 pourrait ainsi remonter en F voire en E, lui permettant de reprendre du service sur le marché locatif. Les professionnels de l'immobilier se félicitent de cette évolution, même si certaines associations de consommateurs et environnementales alertent sur le risque de « démotivation » à rénover.
Pour autant, rappelons que ce changement d'étiquette n'impacte pas votre facture d'électricité : un logement mal isolé reste coûteux à chauffer, même avec une meilleure lettre sur le papier. La rénovation énergétique reste donc pertinente, comme l'explique notre guide sur les étapes de l'étude thermique.
Le nouveau coefficient de conversion de l'électricité : de 2,3 à 1,9
MaPrimeRénov' 2026 : des aides plus ciblées
Après une année 2025 pour le moins chaotique (suspension du guichet, réouverture partielle, changements de règles...), MaPrimeRénov' entame 2026 dans un cadre plus strict mais plus lisible. Le dispositif se recentre clairement sur les ménages modestes et les passoires thermiques, conformément aux orientations du projet de loi de finances selon le ministère de l'Économie.
Les principales évolutions à retenir pour cette année :
Ce qui change en 2026
- Le Parcours accompagné (rénovations d'ampleur) est réservé aux logements classés E, F ou G au DPE
- Les plafonds de dépenses sont abaissés : 30 000 € HT pour un saut de 2-3 classes, 40 000 € HT pour 3 classes ou plus
- Le bonus de sortie de passoire thermique de 10% est supprimé
- L'isolation des murs et les chaudières biomasse sortent du Parcours par geste
- Les poêles à bois et granulés restent éligibles jusqu'au 31 décembre 2026
- L'objectif de l'ANAH : 120 000 rénovations d'ampleur et 150 000 rénovations par geste
Point d'attention : au moment où nous écrivons ces lignes, le vote du budget 2026 conditionne la pérennité du dispositif. En cas de non-adoption de la loi de finances, le guichet reste fermé. Les dossiers déposés en 2025 continuent toutefois d'être instruits. Pour compléter votre financement, pensez aux CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) qui entament leur 6e période avec de nouveaux objectifs ambitieux, et à l'éco-PTZ toujours disponible.
Matériaux biosourcés : la tendance qui s'impose
Si 2026 est l'année de l'extension réglementaire, c'est aussi celle de la confirmation d'une tendance de fond : les matériaux biosourcés s'installent durablement dans le paysage de la construction. Chanvre, bois, paille, ouate de cellulose... ces matériaux issus de la biomasse végétale ou animale présentent un double avantage : ils stockent le carbone biogénique et réduisent l'empreinte environnementale des bâtiments.
Selon les projections, environ 28 500 logements seront construits en bois chaque année en France d'ici 2026. Le label Bâtiment Biosourcé, révisé en 2024, impose désormais des isolants biosourcés obligatoires pour ses niveaux 2 et 3, renforçant la mesure du carbone biogénique dans les projets. Des initiatives comme le projet Ikone à Grenoble (20 logements en terre crue et bois, livraison 2026) ou le premier immeuble imprimé en 3D à Bezannes illustrent cette dynamique d'innovation.
Le béton bas carbone fait également son chemin, avec des formulations réduisant les émissions de 40% grâce à l'intégration de granulats recyclés et de liants alternatifs. L'association Bâtiment Bas Carbone accompagne cette transition vers des pratiques plus vertueuses. Pour les bureaux d'études thermiques comme Etude-bet, l'intégration de ces matériaux dans les calculs re2020 nécessite une attention particulière aux FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) disponibles sur la base INIES du CSTB.
Bois, chanvre, paille : les matériaux biosourcés gagnent du terrain
Exemples concrets et conseils pratiques
Cas n°1 : Vous êtes hôtelier et prévoyez une construction neuve
Votre projet de permis de construire déposé après le 1er janvier 2026 sera soumis à la re2020. Anticipez ! Intégrez un bureau d'études thermiques dès l'esquisse architecturale pour optimiser le Bbio et les indicateurs carbone. La partie jour (hall, restaurant) et la partie nuit (chambres) seront traitées séparément dans les calculs, avec des exigences de Cep différentes.
Cas n°2 : Vous êtes propriétaire bailleur d'un studio chauffé à l'électricité classé G
Rendez-vous sur le site de l'ADEME avec votre numéro de DPE. Le nouveau calcul pourrait vous faire gagner une à deux lettres et permettre la remise en location de votre bien. Attention toutefois : si votre logement reste en G après recalcul, l'interdiction de location reste en vigueur. Dans ce cas, des travaux s'imposent, et les CEE peuvent vous aider à les financer.
Cas n°3 : Vous construisez une maison individuelle en 2026
Pas de changement majeur pour vous : la re2020 s'applique aux logements depuis 2022. En revanche, les seuils carbone continuent leur trajectoire descendante avec un renforcement prévu pour 2028 (475 kg CO₂eq/m²/an). Pensez aux pompes à chaleur, aux matériaux biosourcés et à une conception bioclimatique pour optimiser le confort d'été (indicateur DH).
Conclusion et points clés à retenir
Ce qu'il faut retenir de 2026
L'année 2026 marque un tournant décisif pour la réglementation environnementale du bâtiment en France. L'extension de la re2020 à dix nouvelles typologies de bâtiments tertiaires généralise enfin les exigences de performance énergétique et carbone à l'ensemble de la construction neuve, conformément aux objectifs européens.
Côté existant, la réforme du DPE apporte un correctif attendu pour les logements chauffés à l'électricité, mais ne doit pas faire oublier l'essentiel : seule la rénovation énergétique permet de réduire durablement les consommations et les factures. Les aides évoluent, se recentrent, mais persistent pour accompagner cette transition.
Pour les professionnels du bâtiment, l'anticipation reste le maître-mot. Intégrer les contraintes réglementaires dès la phase de conception, s'entourer des bons partenaires (bureaux d'études, diagnostiqueurs, entreprises RGE) et se former aux nouvelles exigences sont les clés du succès. Comme le dit si bien l'adage : dans le bâtiment, ce n'est pas le vent qui décide de votre direction, c'est l'orientation de vos fenêtres !
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