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Zones climatiques re2020 : H1, H2, H3 expliquées

Publié le 15/03/2026 | Temps de lecture : 7 min
Zones climatiques re2020 : H1, H2, H3 expliquées

Carte des 8 zones climatiques re2020 en France métropolitaine — de H1a (le grand frisson nordique) à H3 (la dolce vita méditerranéenne).

En résumé

La France est découpée en 8 zones climatiques en re2020 (H1a à H3), issues des données de Météo France. Votre zone détermine directement vos seuils réglementaires de Bbio, de Cep et de DH. Construire à Strasbourg ou à Montpellier, ce n'est vraiment pas la même affaire — et votre bureau d'études thermiques vous le confirmera avec plaisir.

Auteur : Adrien Leclerc, thermicien Adrien Leclerc — Thermicien, spécialiste re2020  |  Publié le

Introduction : le climat, ce chef d'orchestre invisible de la re2020

Vous pensiez que la re2020 appliquait les mêmes règles à tout le monde, de Dunkerque à Perpignan ? Que nenni. La réglementation environnementale 2020 est bien plus subtile que ça : elle adapte ses exigences à votre localisation géographique via un système de zones climatiques hérité de la rt2012, mais significativement actualisé avec des données météorologiques plus récentes.

En clair : un même projet de maison individuelle de 120 m² ne devra pas atteindre les mêmes performances selon qu'il est implanté à Metz (zone H1c, hivers rudes) ou à Marseille (zone H3, étés torrides). Les seuils de besoin bioclimatique, de consommation d'énergie primaire et de degrés-heures d'inconfort varient, parfois sensiblement, d'une zone à l'autre. Comprendre ces zones, c'est comprendre pourquoi votre étude thermique re2020 ne ressemble pas à celle de votre cousin breton.

Les 8 zones climatiques re2020 : définition et logique

La re2020 s'appuie sur un découpage de la France métropolitaine en 8 zones climatiques, définies à partir des données de Météo France et codifiées dans l'arrêté du 4 août 2021 et ses règles Th-Bat associées. Ces zones combinent deux critères : la rigueur hivernale (H pour « Hiver », déclinée en H1, H2, H3 du plus froid au plus chaud) et des sous-critères régionaux (a, b, c, d) qui affinent le découpage à l'intérieur de chaque grande zone.

Les 8 zones sont les suivantes :

  • H1a — Nord-Est (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne) : la Sibérie française
  • H1b — Nord et Île-de-France, Bourgogne, Franche-Comté
  • H1c — Centre-Est, parties montagne (Rhône-Alpes intérieur)
  • H2a — Normandie, Bretagne nord, Pays de la Loire nord
  • H2b — Centre-Ouest, Val de Loire, Nouvelle-Aquitaine nord
  • H2c — Sud-Ouest et Nouvelle-Aquitaine sud, Midi hors littoral méditerranéen
  • H2d — Arrière-pays méditerranéen, Languedoc intérieur
  • H3 — Pourtour méditerranéen (PACA, Hérault littoral, Corse) : la Riviera réglementaire

Chaque zone est associée à une station météorologique de référence (par exemple, Nancy pour H1a, Trappes pour H1b, Agen pour H2c, Marignane pour H3). La re2020 a d'ailleurs actualisé certaines stations par rapport à la rt2012 : La Rochelle est passée à Tours pour représenter la zone H2b, et Nice a cédé sa place à Marignane pour la zone H3. Ces mises à jour intègrent des données climatiques plus récentes, tenant compte du réchauffement climatique, notamment des étés plus chauds sur la quasi-totalité du territoire.

Une correction altimétrique s'applique également : au-dessus de 400 mètres d'altitude, les exigences sont renforcées pour tenir compte du froid supplémentaire. Au-dessus de 800 mètres, une deuxième correction s'applique. Si vous construisez un chalet dans les Hautes-Alpes, prévoyez des murs qui en ont vraiment sous le capot.

Toutes ces données sont accessibles via le site officiel RT-RE-Bâtiment du Ministère de la Transition écologique, qui fait référence pour les textes consolidés de la re2020.

Zone H1 : quand l'hiver s'installe vraiment

Les zones H1a, H1b et H1c couvrent les régions les plus froides de France métropolitaine. On parle ici de l'Alsace givrée, de la Lorraine qui ne plaisante pas avec les DJU de chauffe, de l'Île-de-France qui ronge son frein sous les nuages, ou encore de la Bourgogne qui garde ses vins au frais (et ses habitants aussi). Si vous construisez dans ces zones, le mot d'ordre est simple : l'enveloppe thermique est reine.

En zone H1, les besoins de chauffage sont les plus élevés de France. La re2020 en tient compte en fixant des seuils de Bbio plus généreux (environ 63 à 65 points pour une maison individuelle en H1a), car il serait injuste d'exiger le même Bbio à un habitant de Strasbourg qu'à un habitant de Nice. En revanche, le confort d'été y est moins critique : les DH (degrés-heures d'inconfort) sont limités à 1 250 DH, seuil de non-conformité stricte, mais les canicules y sont moins fréquentes et moins intenses qu'en zone H3.

Les leviers techniques prioritaires en zone H1 sont :

  • Une isolation renforcée des murs (R ≥ 5 m².K/W conseillé), des toitures et des planchers bas
  • Un traitement soigné des ponts thermiques (ratio Ψ ≤ 0,28 W/m².K)
  • Une étanchéité à l'air maîtrisée (Q4Pa-surf ≤ 0,6 m³/h.m² pour les maisons individuelles)
  • Des menuiseries performantes avec un Uw ≤ 1,3 W/m².K — et éventuellement du triple vitrage pour les façades nord en H1a
  • Un système de chauffage efficace : la pompe à chaleur s'impose comme solution de référence, avec un COP qui satisfait sans broncher les seuils de Cep et Cepnr

En résumé, construire en zone H1 sans une enveloppe irréprochable, c'est un peu comme sortir en hiver sans manteau : possible, mais on s'en repent vite.

Zone H2 : le juste milieu entre frimas et canicule

Les zones H2a à H2d représentent le ventre mou climatique de la France — et c'est une qualité, pas un défaut. Du bocage normand aux collines de l'Aveyron, du Val de Loire à l'Occitanie intérieure, ces zones bénéficient de conditions intermédiaires qui offrent davantage de souplesse dans la conception architecturale.

En zone H2, les seuils de Bbio sont généralement compris entre 55 et 62 points pour une maison individuelle. Le concepteur doit maintenir un équilibre entre performance hivernale et confort d'été, car les vagues de chaleur y sont de plus en plus fréquentes depuis l'actualisation des données météorologiques de la re2020. À ce titre, les zones H2c et H2d se rapprochent davantage des contraintes de la zone H3 pour le confort estival — une subtilité que l'étude thermique saura mettre en évidence.

L'approche bioclimatique prend ici tout son sens : une orientation intelligente des pièces de vie vers le sud, des protections solaires mobiles (volets roulants, brise-soleil) sur les façades ouest et est, et une VMC bien dimensionnée permettent d'atteindre les seuils de DH sans recourir à la climatisation. La conception bioclimatique est le premier levier à activer avant même de s'interroger sur les équipements.

Du côté de la zone H2d (arrière-pays méditerranéen), les exigences en matière de confort d'été rejoignent celles de la zone H3 : les degrés-heures d'inconfort peuvent y dépasser 350 DH en l'absence de protections solaires, déclenchant alors une consommation fictive de climatisation intégrée au calcul du Cep. Un piège à éviter absolument lors de la conception.

Les sources techniques du Cerema, organisme de référence sur l'application de la re2020, ont publié plusieurs études comparatives entre zones climatiques, dont une particulièrement détaillée sur les trois zones présentes en Occitanie (H2c, H2d et H3). Ces travaux confirment que les solutions constructives optimales varient significativement selon la zone, même à quelques dizaines de kilomètres de distance.

Zone H3 : la Méditerranée, championne du confort d'été

Ah, la zone H3. Là où le soleil brille 300 jours par an, où les cigales font de la compétition acoustique avec la VMC, et où la re2020 devient… particulièrement exigeante sur le confort d'été. Car si les hivers y sont doux (besoins de chauffage limités), les étés y sont chauds, longs, et potentiellement inconfortables si la conception du bâtiment n'est pas pensée avec soin.

En zone H3, l'indicateur DH (degrés-heures d'inconfort) est au cœur de toutes les préoccupations. Le seuil de non-conformité stricte reste à 1 250 DH, mais la modulation propre à la zone méditerranéenne peut abaisser le seuil de confort à 1 050 DH selon la configuration. La re2020 intègre même un scénario caniculaire calé sur les données de la canicule de 2003 pour calculer les DH : pas de romantisme solaire ici, juste de la rigueur thermique.

Pour répondre à ces contraintes, les solutions techniques privilégiées en zone H3 sont :

  • L'inertie thermique : favoriser les matériaux lourds (béton, brique, pierre) qui absorbent la chaleur diurne et la restituent la nuit. Les constructions à ossature bois sans apport d'inertie complémentaire ont souvent du mal à passer les DH en zone H3.
  • Les protections solaires fixes ou mobiles : casquettes, pergolas, volets roulants à commande automatique. L'article sur les casquettes solaires détaille leur calcul en re2020.
  • La surventilation nocturne : ouvrir largement la nuit pour évacuer la chaleur accumulée, en complément de la VMC.
  • Un facteur solaire Sw adapté : éviter les grands vitrages non protégés à l'ouest et au sud sans masque solaire efficace.

Le Bbiomax en zone H3 est d'environ 45 points pour une maison individuelle — plus faible qu'en zone H1 — car les besoins de chauffage y étant naturellement réduits, l'enveloppe n'a pas besoin d'être aussi fortifiée. En revanche, si le confort d'été n'est pas traité sérieusement dès la conception, l'indicateur DH peut vitre devenir le cauchemar du thermicien. Et des occupants.

Pour aller plus loin sur le confort d'été, notre article Confort d'été en re2020 : comprendre l'indicateur DH détaille les mécanismes de calcul et les leviers architecturaux disponibles.

Impact concret des zones climatiques sur vos indicateurs re2020

Pour mieux visualiser ce que ces zones changent concrètement, voici comment les principaux seuils re2020 évoluent selon la zone pour une maison individuelle standard :

Tableau comparatif indicatif (maison individuelle, altitude < 400 m)

Zone Bbiomax (points) Cepmax (kWhep/m².an) Cepnr max (kWhep/m².an) DH seuil inconfort (DH)
H1a ≈ 65 75 55 1 250
H1b ≈ 63 75 55 1 250
H2b ≈ 58 65 48 1 250
H2c ≈ 56 62 45 1 250
H3 ≈ 45 55 40 1 050 – 1 250*

* Modulé selon la catégorie, la surface moyenne des logements et la présence ou non de climatisation. Valeurs indicatives — les seuils précis sont calculés par votre bureau d'études thermiques selon les règles Th-Bat 2020.

Ce tableau illustre un fait important : un Bbiomax plus élevé en zone H1 ne signifie pas que la construction est moins exigeante — cela signifie simplement que la barre est calibrée par rapport aux contraintes climatiques locales. Le niveau de performance attendu par la réglementation est équivalent en termes d'effort de conception, quelle que soit la zone.

Le coefficient Mcgéo (modulation selon la localisation géographique) est l'outil mathématique utilisé dans les calculs re2020 pour intégrer ces variations. Il prend une valeur positive en zone H1 (les seuils sont légèrement relevés) et une valeur négative en zone H3 (les seuils sont abaissés). Sa valeur varie de +0,10 pour la zone H1a à -0,20 pour la zone H3 pour les altitudes inférieures à 400 mètres. Ces coefficients sont définis dans les règles Th-Bat 2020 disponibles sur le site officiel RT-RE-Bâtiment.

Les zones climatiques influencent également les données météo utilisées dans les calculs : températures extérieures horaires, données d'ensoleillement, vent, humidité. Ces données sont intégrées dans les logiciels de simulation thermique agréés (comme ceux validés par le CSTB) et calculées automatiquement à partir des coordonnées du projet. Il n'y a rien à saisir manuellement — c'est la magie du géocodage thermique.

Exemples concrets : deux maisons, deux zones, deux réalités

Exemple 1 — Maison de 110 m² à Metz (zone H1c)

Jacques construit une maison individuelle plain-pied de 110 m² à Metz (Moselle), en zone H1c. Son thermicien calcule un Bbiomax d'environ 62 points. Pour l'atteindre, les choix techniques privilégiés sont : une isolation des murs en laine minérale de 200 mm (R ≈ 5,5 m².K/W), une toiture avec 300 mm de soufflé (R ≈ 7 m².K/W), des menuiseries PVC double vitrage à faible émissivité avec Uw = 1,2 W/m².K, et une pompe à chaleur air/eau comme système de chauffage principal.

Résultat : Bbio calculé à 57 points (sous le seuil), Cep à 62 kWhep/m².an, Cepnr à 48 kWhep/m².an. Les DH sont négligeables (380 DH) car les étés messins ne sont pas ceux de la Camargue. Jacques obtient son attestation pcmi14 sans suer une goutte — contrairement à ses futures étés sans clim.

Exemple 2 — Maison de 110 m² à Montpellier (zone H3)

Marie construit une maison identique à Montpellier, en zone H3. Le contexte est radicalement différent. Son Bbiomax est d'environ 45 points — plus strict en valeur absolue. Pour l'atteindre tout en maîtrisant les DH, son architecte mise sur une toiture végétalisée avec forte inertie thermique, des volets roulants motorisés avec gestion automatique sur toutes les baies exposées est, ouest et sud, une casquette fixe de 60 cm au-dessus des baies sud, et des murs en béton banché enduit (forte inertie thermique).

Résultat : Bbio à 42 points (OK), Cep à 48 kWhep/m².an (OK), mais DH à 980 DH — sous le seuil de 1 050 DH, de justesse. Sans les volets automatiques, les DH auraient dépassé 1 400 DH. Marie peut déposer son permis de construire sereinement, et passera ses étés au frais sans climatisation. C'est le miracle de la conception bioclimatique bien menée.

Ces deux exemples illustrent un principe fondamental de la re2020 : il n'y a pas de solution universelle. Ce qui fonctionne à Metz peut être insuffisant à Montpellier, et inversement, surdimensionner l'isolation en zone H3 sans travailler sur l'inertie et les protections solaires peut paradoxalement aggraver le confort d'été. C'est pourquoi l'étude thermique re2020 est obligatoire dès le permis de construire : elle est le seul outil permettant de simuler finement le comportement de votre bâtiment dans son environnement climatique réel.

Pour des informations complémentaires sur les zones climatiques et les primes associées, l'ADEME et France Rénov' publient régulièrement des ressources pédagogiques adaptées aux particuliers comme aux professionnels.

Conclusion et points clés à retenir

Les zones climatiques re2020 ne sont pas une complication administrative de plus. Ce sont les lunettes que la réglementation chausse pour regarder votre projet avec discernement : un bâtiment performant à Rennes ne sera pas conçu comme un bâtiment performant à Nice, et c'est très bien ainsi.

Connaître sa zone climatique dès le début du projet permet d'orienter les choix architecturaux (compacité, orientation, surfaces vitrées, inertie) et techniques (isolation, équipements, ventilation) dans la bonne direction. C'est le fondement de toute conception bioclimatique réussie.

🗺️ Points clés à retenir
  • La France métropolitaine est divisée en 8 zones climatiques pour la re2020 : H1a, H1b, H1c, H2a, H2b, H2c, H2d et H3.
  • Ces zones déterminent les seuils réglementaires de Bbio, Cep, Cepnr et DH applicables à votre projet.
  • En zone H1 (nord/est), la priorité est l'isolation de l'enveloppe et la lutte contre les déperditions hivernales.
  • En zone H2, une approche équilibrée hiver/été est nécessaire, avec une attention croissante au confort d'été pour les zones H2c et H2d.
  • En zone H3 (Méditerranée), le confort d'été est l'enjeu principal : inertie thermique, protections solaires et ventilation nocturne sont essentiels.
  • Une correction d'altitude s'applique au-dessus de 400 m et 800 m pour renforcer les exigences.
  • Les données météorologiques ont été actualisées par rapport à la rt2012, intégrant notamment un scénario caniculaire pour le calcul des DH.
  • Sans étude thermique re2020, impossible de vérifier la conformité de votre projet à votre zone climatique. Elle est obligatoire pour tout permis de construire soumis à la re2020.

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